Théâtre chorégraphique
Arrêt n°1
Lorsqu'on est assis sur le banc d'un quai de gare, et qu'on attend...
La vision de tous ces corps, comme en suspension. Et c'est parce qu'on attend, et que le temps se dilate, qu'il nous est possible de nous raconter toutes sortes d'histoires. Il suffit d'un geste, d'une démarche, d'une impatience lisible pour que l'imaginaire transporte ailleurs les corps "attendus".
Il y a sans doute transposition du voyage.
Et c'est la musique qui transmet aux visages inconnus le possible d'une rencontre passagère.
Le train passe... est passé... passera.
L'attente reprend!
Peut-être le prochain train...?
Pour ce spectacle, nous sommes partis d'improvisations musicales fondées sur le rythme 1/2/3 qui nous semblait être celui du train. L'histoire s'est construite sur les pas des danseurs, au rythme de la musique.
Metteur en scène: Véronique Bevilacqua
Compositeur / Interprète: Patrick Bruneau
Comédiens / Danseurs: Stéphanie Ansquer, Marie Maison, Etienne Maveyraud, Gabrielle Reix
Création: mai 2004
Public: adultes
Représentations: Festival du livres d'Yvrac / Festival du Conte d'Arblade le Bas (32) / Son'Art / Riscles (32) / Libourne / Béziers...
Arrêt n°2
Porteurs de valises, où sont-ils passés, qu'est-ce qu'ils cherchent?
Ils sont tous sur un quai, c'est tout ce qu'on sait.
Ils s'effleurent, se croisent, s'ignorent, se voient, se touchent, se séparent, reviennent de loin. Tout voyage, tout danse,... pour ces porteurs de valises, l'heure est grave ou gravée dans leurs corps au risque de toucher le coeur.
Vous savez, quand on est chef de gare, le petit train-train des gens...
"Acaba de / Arrêt n°1" a été crée en mai 2004. Le spectacle s'intéressait à ce moment particulier que l'on vit tous sur un quai de gare où il n'y a rien d'autre à faire que d'attendre son train. L'esprit s'évade, se remémore, s'échappe de la réalité, c'est l'ouverture d'un espace intérieur...
Avec "Acaba de / Arrêt n°2", nous avons expérimenté l'importance du passage, cet entre-deux où rien n'est définitif, où tout se joue, dans la circulation de l'éphémère.
Metteur en scène: Véronique Bevilacqua
Musicien / Comédien: Christophe Carrere
Comédiens: Stéphanie Ansquer, Marie Maison, Thierry Schmidlin, Gabrielle Reix
Création: mars 2006
Public: adultes
Représentations: Centre social de Saint Michel (Bordeaux) / Festival Spirales à Histoires d'Arblade le Bas / Imprimerie Boucherie / Casseuil / Festival de Saint Estèphe (24)












Dès la première séquence, nous pressentons que cela n'est pas si évident. La caméra passe une porte pour se fixer sur l'objet de son étude: un couple d'ados en plein ébats, se promettant fidélité à jamais, (où il est notamment question du père du garçon, futur amant potentiel de son amie!). Tandis qu'un travelling arrière les abandonne à leurs étreintes, le son "in" disparaît pour laisser la place à une voix monocorde, celle d'un narrateur qui va préciser les situations au fur et à mesure du film. Le ton est donné: nous parlions d'objet d'étude et nous sommes bien ici devant une oeuvre qui va chercher à comprendre, de manière extrêmement neutre, le monde et les énigmes de l'adolescence, à l'image de cette caméra qui entre dans la chambre, sans bruit, sans vouloir ni déranger, ni, surtout, espionner.


Ce qui frappe dès qu'on ouvre le volume, c'est que cette oeuvre est entièrement muette: comment mieux illustrer le désarroi face à une langue inconnue? Cette particularité, ainsi que l'omniprésence du sépia, revêt toute sa valeur dans le traitement narratif. L'auteur alterne ainsi des séries de cases réduites et de somptueuses illustrations pleine-page qui créent un dynamisme en parfaite adéquation avec les périgrinations du personnage. Ces caractéristiques, associées à de subtils effets de zoom, procure au lecteur l'intense impression d'être le spectateur d'un film muet des années 1920, tantôt réaliste, tantôt fantastique (faisant notamment référence à des oeuvres aussi diverses que Les Temps modernes de Chaplin, Métropolis de F. Lang, voire Le Cabinet du Docteur Caligari de R. Wiene).
Là où vont nos Pères nous présente un monde parfait, se nourrissant de mixité et de fraternité, où chacun apprend à comprendre et à aimer l'autre, où les paysages, mêmes industriels, sont merveilleux.